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#19444
track: 2212 - 01 - BNA-BBOT
album: 2212 - 9m2

07/11/2025
Cet entretien s’inscrit dans un projet de collecte de témoignages destiné à un futur musée de la prison. L’objectif est de rendre tangible la réalité de l’univers carcéral à travers des ... (voir plus)
Cet entretien s’inscrit dans un projet de collecte de témoignages destiné à un futur musée de la prison. L’objectif est de rendre tangible la réalité de l’univers carcéral à travers des récits provenant de différents acteurs : personnes détenues, membres du personnel, travailleurs sociaux et autres intervenants. Justine retrace son parcours professionnel, entièrement consacré au monde pénitentiaire. Elle a d’abord travaillé dans l’accompagnement des personnes détenues dans les prisons bruxelloises de Saint-Gilles, Forest et Berkendael, où elle les aidait dans leurs démarches administratives, leurs contacts familiaux et la préparation de leur réinsertion. Elle a ensuite rejoint le service psychosocial de la prison de Mons avant d’intégrer l’équipe de direction. Elle décrit la prison de Mons comme un établissement ancien et fortement surpeuplé. Alors que sa capacité officielle est d’environ 300 places, le nombre de détenus est largement supérieur, obligeant certaines personnes à dormir sur des matelas au sol. Selon elle, cette situation a un impact important sur les conditions de vie et les relations entre détenus. Justine revient également sur sa première visite en prison pendant ses études de criminologie. Les contrôles de sécurité, les portes successives et la sensation d’enfermement l’ont profondément marquée. Même si elle s’est habituée par la suite à cet environnement, elle se souvient encore de la force de cette première impression. Une grande partie de l’entretien est consacrée à son expérience comme travailleuse sociale dans les prisons bruxelloises. Elle accompagnait les détenus dans des questions pratiques liées au logement, aux soins de santé, aux documents d’identité, aux liens familiaux et à la préparation de la sortie. Elle évoque notamment le cas d’un homme qui, après plusieurs décennies d’incarcération, a dû redécouvrir une société profondément transformée. Elle aborde aussi les difficultés du travail social en prison. Le manque de personnel, les lourdeurs administratives et les problèmes d’organisation rendaient souvent difficile la rencontre avec les détenus. Les retards, les rendez-vous annulés et le manque de confidentialité faisaient partie du quotidien. Enfin, Justine évoque plusieurs détenus qui l’ont particulièrement marquée. Elle raconte notamment l’histoire d’un jeune homme sans titre de séjour qui, faute de perspectives d’avenir, avait construit dans sa cellule un « cercueil » symbolique en carton. Pour elle, cette histoire illustre le poids de l’isolement, de l’exclusion sociale et du désespoir en détention. Elle souligne également l’importance d’accompagner les nouveaux arrivants, souvent confrontés à un univers carcéral dont ils ignorent les codes et les règles.

#19443
track: 2212 - 02 - BNA-BBOT
album: 2212 - 9m2

07/11/2025
Justine, criminologue et ancienne travailleuse sociale dans les prisons de Saint-Gilles et de Forest, y évoque l’accompagnement des détenus en fin de peine, les limites professionnelles du travail... (voir plus)
Justine, criminologue et ancienne travailleuse sociale dans les prisons de Saint-Gilles et de Forest, y évoque l’accompagnement des détenus en fin de peine, les limites professionnelles du travail social, sa vision de l’enfermement et ses fonctions actuelles au sein de la direction de la prison de Mons. Elle décrit la préparation de la sortie de prison et l’importance d’un accompagnement concret vers la réinsertion. Elle évoque notamment les anciens « kits de sortie », contenant des titres de transport, des produits d’hygiène et des informations utiles pour les personnes quittant la prison sans ressources. Elle souligne également l’importance de maintenir une distance professionnelle avec les détenus tout en construisant une relation de confiance. Elle explique comment elle gérait l’impact émotionnel de son travail grâce aux trajets, aux échanges avec ses collègues et à des espaces de supervision. Pour elle, l’enfermement se caractérise avant tout par une dépendance permanente : dépendance envers l’administration, les agents, les proches ou encore les décisions judiciaires. La prison implique aussi une perte de contact avec le monde extérieur, une perte d’autonomie et une impossibilité de décider librement de sa propre vie. Elle revient également sur son expérience de femme travaillant dans un univers majoritairement masculin, ainsi que sur les différences perçues entre les établissements pour hommes et pour femmes. Enfin, elle présente ses responsabilités actuelles à la prison de Mons : gestion disciplinaire, suivi des personnes internées, participation à la direction de l’établissement et développement d’activités socioculturelles. Son expérience passée dans l’aide aux détenus continue d’influencer sa manière d’exercer ses fonctions de direction.

#19442
track: 2212 - 03 - BNA-BBOT
album: 2212 - 9m2

07/11/2025
L’interviewée décrit les différences entre ses expériences professionnelles dans les prisons de Forest, de Saint-Gilles et de Mons. Elle explique que l’accompagnement des prévenus, des ... (voir plus)
L’interviewée décrit les différences entre ses expériences professionnelles dans les prisons de Forest, de Saint-Gilles et de Mons. Elle explique que l’accompagnement des prévenus, des condamnés et des internés nécessite des approches différentes selon leur statut juridique. Une partie importante de l’entretien porte sur la vétusté de la prison de Mons. À travers des exemples concrets — inondations, risques d’effondrement de plafonds, portes défectueuses, infestations de punaises de lit et problèmes sanitaires — elle met en évidence les conditions difficiles auxquelles sont confrontés tant les détenus que le personnel. Elle souligne toutefois que, malgré son état dégradé, cette prison favorise encore de nombreux contacts humains et échanges informels, un aspect qui tend selon elle à disparaître dans les établissements plus modernes. Elle livre également son analyse du système carcéral belge, qu’elle considère comme étant à un point de rupture en raison de la surpopulation chronique et du manque d’infrastructures adaptées. Elle plaide pour le recours à des alternatives à l’incarcération pour certains profils de détenus et pour davantage d’investissements dans l’accompagnement psychosocial, l’enseignement et la réinsertion. Enfin, elle réfléchit au rôle qu’un futur musée de la prison pourrait jouer. Selon elle, un tel musée devrait permettre de mieux comprendre la réalité de l’enfermement, déconstruire certains stéréotypes sur la prison et préserver la mémoire des conditions de détention souvent inhumaines qui ont marqué le passé.

#19441
track: 2211 - 01 - BNA-BBOT
album: 2211 - Résidence KAOS x BNA-BBOT PSC Ixelles

16/09/2025
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Jonathan, ... (voir plus)
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Jonathan, résident du PSC, autour du rétablissement, de la musique, du silence, de la santé mentale et de la recherche d'une place dans le monde. Jonathan raconte son parcours de rétablissement au sein du PSC après une période de soins psychiatriques et de vie en habitation protégée. Il décrit sa situation actuelle comme un processus de reconstruction progressive : apprendre à mieux se connaître, retrouver une place dans la société et envisager un avenir professionnel. Pour cette rencontre, il a écrit un court texte sur le silence. Il y présente le silence comme une expérience ambivalente, à la fois apaisante et parfois lourde à porter. Pour lui, le silence n'est jamais fixe : il dépend de son état mental, de son environnement et des événements vécus au cours de la journée. Il peut offrir un espace de réflexion, de prière ou d'introspection, mais il peut aussi devenir oppressant. La musique occupe une place essentielle dans son quotidien. Durant les périodes les plus difficiles, elle lui permettait de tenir à distance l'angoisse, les pensées envahissantes et le sentiment de désorganisation. Aujourd'hui encore, elle constitue un fil conducteur qui l'aide à rester en mouvement et à structurer ses journées. Jonathan réfléchit également à la possibilité d'un silence absolu. Selon lui, celui-ci n'existe pratiquement pas : même lorsque tout semble calme, il subsiste toujours des pensées, des souvenirs, des sensations corporelles ou des bruits de fond. Un silence total lui paraît même inquiétant, car il impliquerait d'être seul face à lui-même. Il décrit enfin le PSC comme un lieu sécurisant où il a trouvé du soutien, de la stabilité et des outils pour mieux comprendre son vécu. À travers les échanges, la thérapie, la lecture et l'écriture, il développe progressivement une meilleure connaissance de lui-même. Le silence apparaît alors comme une composante importante du rétablissement et de la reconstruction personnelle.

#19440
track: 2210 - 01 - BNA-BBOT
album: 2210 - Résidence KAOS x BNA-BBOT PSC Ixelles

26/09/2025
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Elias, un ... (voir plus)
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Elias, un résident du PSC, autour de la musique, du calme intérieur, des relations sociales et de la place du silence dans sa vie quotidienne. Elias explique que la musique occupe une place centrale dans sa vie. Sa passion pour la musique l’a amené à apprendre la guitare à l’âge adulte, notamment sous l’influence du groupe Muse. La musique est à la fois une passion et une présence constante dans son quotidien. Il porte souvent un casque audio, non pas pour se couper des autres, mais simplement parce qu’il aime écouter de la musique. Lorsque la conversation s’oriente vers le silence, Elias décrit une relation nuancée à celui-ci. Les silences sociaux peuvent lui sembler inconfortables, notamment lors d’un rendez-vous ou d’une conversation où personne ne parle. À l’inverse, certains silences lui paraissent naturels et agréables, par exemple lors d’une promenade ou lorsqu’il partage un espace avec quelqu’un sans ressentir l’obligation de parler. Pour Elias, le silence est avant tout associé au repos. Lors des journées difficiles, il attend avec impatience le calme du soir, lorsque l’agitation de la journée retombe et qu’il peut retrouver un certain apaisement. Il compare parfois ses journées émotionnellement éprouvantes à un ballon qui se gonfle progressivement avant de se dégonfler lentement à la fin de la journée. Le silence devient alors un espace de soulagement et de récupération. La conversation aborde également sa santé mentale. Elias explique que son esprit est rarement silencieux : il entretient continuellement un dialogue intérieur et réfléchit souvent à la manière dont les autres le perçoivent ou le jugent. Au sein du PSC, il trouve toutefois une forme de « repos porteur d’espoir ». La présence d’un cadre de soin, d’une structure quotidienne et de personnes avec qui parler l’aide à apaiser le tumulte de ses pensées. Le silence apparaît ainsi non seulement comme une absence de bruit, mais aussi comme une expérience de sécurité, de lien et de rétablissement.

#19439
track: 2209 - 01 - BNA-BBOT
album: 2209 - Résidense Kaos x BNA-BBOT PSC Ixelles

23/09/2025
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre d'une recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec un homme ... (voir plus)
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre d'une recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec un homme autour de ses habitudes quotidiennes, des langues, de l’art, du son, du calme et de la place du silence dans sa vie. La conversation débute de manière légère autour du petit-déjeuner, d’une montre et des langues, puis évolue progressivement vers une réflexion plus profonde sur le silence. L’interviewé se décrit comme une personne sociable et très bavarde, tout en ressentant un fort besoin de silence. Pour lui, le silence est synonyme de paix, de concentration et d’espace pour la réflexion. Il le trouve principalement dans l’art, la peinture, la lecture, la cuisine et les environnements naturels plutôt que dans la ville. La discussion explore également la manière dont le silence dépend du contexte : le silence pendant les vacances, lors des études ou du travail, dans une négociation ou encore comme moment collectif de recueillement. L’interviewé considère que le silence n’est pas simplement l’absence de bruit, mais une qualité particulière du son — par exemple les sons de la nature par opposition au bruit urbain. Il souligne également que l’accès au silence comporte une dimension sociale et économique : les personnes disposant de davantage de ressources peuvent plus facilement s’éloigner du bruit et accéder à des environnements calmes. Par ailleurs, Pauline et son interlocuteur discutent du titre de son projet, « Un ciel nuageux ne peut pas être entendu ». Ce titre est associé à la santé mentale, au brouillard intérieur, au silence et à la possibilité du changement. En fin d’entretien, Pauline partage sa motivation pour ce projet : envisager le silence comme un espace de possibilités et de nouveaux commencements, plutôt que comme une simple absence ou une fin.

#19438
track: 2208 - 01 - BNA-BBOT
album: 2208 - Résidence Kaos x BNA-BBOT PSC Elsene

24/09/2025
Dans le cadre de la résidence de Pauline Augustyn au PSC d’Ixelles, celle-ci a rencontré une participante afin d’échanger sur la place du silence dans sa vie. Cette conversation révèle une ... (voir plus)
Dans le cadre de la résidence de Pauline Augustyn au PSC d’Ixelles, celle-ci a rencontré une participante afin d’échanger sur la place du silence dans sa vie. Cette conversation révèle une relation complexe et nuancée au silence, qui peut être à la fois source de protection et de difficulté. La participante explique qu’elle essaie consciemment de faire davantage de place au silence dans sa vie, que ce soit lorsqu’elle est seule ou dans ses échanges avec les autres. Pour elle, le silence est synonyme de liberté, de confiance en soi et de force. Elle le décrit comme un refuge et une forme d’autoprotection, particulièrement lorsqu’elle est confrontée à des épisodes de paranoïa. En restant silencieuse, elle cherche à éviter de dire quelque chose de maladroit, de blesser les autres ou de se laisser emporter par des voix intérieures négatives. Parallèlement, elle évoque son désir de trouver davantage de silence dans son esprit. Elle apprend à composer avec ses voix intérieures en les reconnaissant, en les nommant et en leur répondant de manière consciente. Le silence devient ainsi non seulement une absence de bruit, mais aussi une pratique active de soin de soi et de connaissance de soi. Comme contrepoint au silence, elle évoque la logorrhée : un besoin irrépressible de parler qui survient lors de périodes euphoriques ou maniaques. Elle vit ces expériences comme particulièrement éprouvantes et épuisantes. L’art joue ici un rôle essentiel. Le fait de recueillir, tisser et réutiliser les mots et les poèmes d’autres personnes agit comme une bouée de sauvetage, lui permettant de reprendre prise sur le monde extérieur et de se relever de périodes dépressives. La conversation aborde également ses expériences d’isolement. Elle explique que le silence d’une chambre d’isolement n’est pas nécessairement insupportable en soi. Ce qui rend l’expérience traumatisante, c’est surtout l’incertitude quant à sa durée, le manque d’explications et l’absence de communication transparente. Dans ces moments-là, elle utilisait le chant, notamment des chansons de Nirvana, pour s’ancrer dans le présent et créer du sens — ou, selon ses propres mots, « faire de la magie ». À la fin de l’entretien, elle partage son mot préféré : « spleen », un terme qui désigne une mélancolie profonde et pesante. Pour elle, ce mot résume quelque chose de la complexité émotionnelle qui traverse l’ensemble de son récit.

#19437
track: 2206 - 01 - BNA-BBOT
album: 2206 - Cité Querelle

19/05/2025
Badria habite le quartier des Marolles depuis 2000-2001 et apprécie particulièrement la tranquillité et la solidarité de sa rue et de son voisinage. Après avoir cessé son travail à l'âge ... (voir plus)
Badria habite le quartier des Marolles depuis 2000-2001 et apprécie particulièrement la tranquillité et la solidarité de sa rue et de son voisinage. Après avoir cessé son travail à l'âge de 52 ans pour de graves problèmes de santé, elle s'est sentie isolée, ses enfants ayant quitté le foyer. Sur les conseils de son médecin, elle s'est tournée vers des associations locales, notamment l'Entr'Aide des Marolles et la Maison de Quartier Querelle, où elle a retrouvé un lien social et un bien-être en participant à diverses activités et ateliers.

#19436
track: 2206 - 02 - BNA-BBOT
album: 2206 - Cité Querelle

19/05/2025
Le témoignage de Badria met en lumière le rôle essentiel de la maison de quartier en tant que lieu de vie, d'échange et d'égalité, contrastant avec les problèmes de préjugés et de ... (voir plus)
Le témoignage de Badria met en lumière le rôle essentiel de la maison de quartier en tant que lieu de vie, d'échange et d'égalité, contrastant avec les problèmes de préjugés et de discrimination qui affectent particulièrement les jeunes dans la société.

#19435
track: 2206 - 03 - BNA-BBOT
album: 2206 - Cité Querelle

19/05/2025
Badria partage ses expériences et observations concernant l'entraide communautaire et les initiatives solidaires dans le quartier des Marolles, mettant en lumière le partage culturel à travers... (voir plus)
Badria partage ses expériences et observations concernant l'entraide communautaire et les initiatives solidaires dans le quartier des Marolles, mettant en lumière le partage culturel à travers la cuisine et l'assistance aux personnes dans le besoin.
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