Artist in Residence: Kenza Lansari.

Kenza Lansari est une bricoleuse sonore belgo-tunisienne qui évolue entre performance sonore, collages d’archives audio, théâtre sonore et documentaires audio. Elle réalise également des émissions de radio pour Studio Brussel. En 2025, elle a obtenu son diplôme de la formation radio du RITCS. À partir de sa double nationalité et des frictions qui l’accompagnent, elle développe une pratique dans laquelle la dissonance joue un rôle central.
Dans des œuvres antérieures telles que Archive in Dissonance, Tuned Lullaby for Detuned Loss et Breakfast After Rave, elle explore comment le son peut frotter, entrer en collision et en même temps créer du lien. Bien que les thématiques de son travail soient variées, la fine ligne entre sérieux et ironie reste un élément récurrent.
Lors de sa résidence chez BNA-BBOT (16 mars – 28 mai), Kenza travaille à nouveau avec des archives. Cette fois-ci, elle se plonge dans l’histoire des voix féminines dans la radio et l’audio : quel est l’impact d’une voix non masculine à la radio ? Que dit une voix sur la position qu’une personne « peut » occuper ? Et comment les rôles de genre (auditifs) ont-ils évolué et se sont-ils transformés au fil du temps ?
Tout en cherchant sa propre voix dans le paysage radiophonique, elle traduit ces questions en un collage d’archives. Elle examine comment les voix féminines et non binaires sont positionnées aujourd’hui, quel langage est utilisé lorsqu’on parle d’elles ou qu’on s’adresse à elles, et à quel point ces différences peuvent encore être frappantes. Parallèlement, elle réfléchit à la manière dont des interventions ciblées et expertes peuvent contribuer à un changement structurel.
En juxtaposant des archives sonores issues de différents contextes, Kenza amplifie ce qui est souvent normalisé, afin de sensibiliser à cette problématique.
Pour ce travail, elle s’est notamment inspirée du BBC Radiophonic Workshop, et en particulier de la pionnière Delia Derbyshire, ainsi que de l’histoire de Donna – la station de radio flamande portant un nom féminin, mais dont la voix à l’antenne est majoritairement masculine. À partir de ces références, elle élargit son recherche vers des stations, voix et perspectives à la fois grandes et plus modestes (contemporaines), qu’elle diffuse dans le monde via la radio.
Le résultat de sa résidence sonore sera à découvrir le 28 mai, et bien longtemps après encore via la sonnette de notre vitrine.

















