En Nl Fr
<
>
  • années
  • contextes
  • lieux

#2119
2215 - Bronnen Vol Leven (BOP & KUL)

Dans le cadre du projet Sources Pleines de Vie (Bronnen Vol Leven), une collaboration entre BBOT, le Brussels Ouderenplatform et le cours de Service Learning de la KU Leuven, des étudiants ont ... (voir plus)
Dans le cadre du projet Sources Pleines de Vie (Bronnen Vol Leven), une collaboration entre BBOT, le Brussels Ouderenplatform et le cours de Service Learning de la KU Leuven, des étudiants ont réalisé des entretiens avec des personnes âgées afin de recueillir leur vécu et leur perception de Bruxelles. Dans cet entretien, Guy Langenakers explique comment Bruxelles a façonné sa vie depuis sa jeunesse. À partir de son expérience de jeune homme homosexuel dans les années 1980, il décrit la ville comme un espace de liberté, de rencontres et de développement personnel, mais aussi de perte, d’incertitude et de changements sociaux. Depuis l’église Saint-Nicolas de la place Fontainas, il revient sur l’évolution du quartier, l’impact de l’épidémie de sida, l’émancipation de la communauté LGBTQ+ et sa quête permanente de sérénité, de connaissance de soi et de lien avec les autres dans une société toujours plus rapide.
  • 2215 - 01 - BNA-BBOT
  • Guy se présente comme originaire de Termonde, arrivé à Bruxelles pour ses études avant de décider de s’y installer durablement. Il a choisi l’église Saint-Nicolas de la place Fontainas comme lieu d’entretien en raison d’un souvenir marquant des années 1980. C’est là qu’a eu lieu l’enterrement d’un ami proche et employeur décédé du sida. Ce qui l’a particulièrement marqué est le contraste entre le silence et le recueillement de l’église et l’agitation de la ville qui continuait son cours à l’extérieur. Cette expérience lui a fait prendre conscience de la rapidité avec laquelle la vie continue malgré les pertes les plus douloureuses. À partir de ce souvenir, il décrit le Bruxelles des années 1980 comme une ville plus sombre, plus rude et plus pauvre qu’aujourd’hui. Le quartier autour de la place Fontainas comptait alors de nombreux petits cafés, lieux de danse, saunas et espaces de rencontre pour les hommes homosexuels. Pour Guy, issu d’un milieu plus traditionnel, ce quartier représentait sa première rencontre avec une communauté queer visible. Même si l’homosexualité restait largement cachée et entourée de préjugés, Bruxelles lui offrait un espace de liberté qu’il ne trouvait pas ailleurs. Il raconte comment il a cherché sa place dans ce monde, rencontré de nouvelles personnes et trouvé un sentiment d’appartenance au sein d’une communauté relativement restreinte. Il évoque également les incertitudes de cette période, les discriminations, les violences ainsi que la tension constante entre visibilité et discrétion. Ses expériences personnelles, notamment une première relation amoureuse difficile et certaines tensions familiales liées à son orientation sexuelle, montrent combien sa construction identitaire est liée à la ville et à ce quartier.

  • 2215 - 02 - BNA-BBOT
  • Dans cette partie, Guy réfléchit aux transformations qu’il a observées dans le quartier et dans la société. Il décrit l’évolution de la place Fontainas, passée d’un quartier dégradé et socialement fragile à un environnement plus attractif et plus ouvert. Il souligne toutefois que les problèmes sociaux, tels que la pauvreté et la précarité, n’ont pas disparu mais sont souvent devenus moins visibles. L’évolution de la communauté LGBTQ+ constitue un thème majeur. Alors que l’homosexualité était autrefois largement cachée, il constate aujourd’hui davantage d’ouverture et d’acceptation sociale. Toutefois, la peur du rejet, selon lui, ne disparaît jamais totalement. L’épidémie de sida occupe également une place importante dans son récit. Guy a perdu plusieurs amis et connaissances à cause de la maladie et se souvient du poids considérable de la stigmatisation à cette époque. Il rend hommage aux personnes du quartier, notamment certains médecins et membres du clergé, qui se sont engagés auprès des personnes vulnérables et des malades du sida. Il évoque aussi sa relation à la foi et à la spiritualité. Même s’il ne se considère plus comme pratiquant, les églises restent pour lui des lieux de calme et de réflexion. Il médite sur la vie, la mort et le sens de l’existence, expliquant que la beauté et le réconfort se trouvent souvent dans des choses simples : une fleur dans un cimetière, un moment de silence dans une église ou une vue inattendue sur la ville. En regardant les changements du quartier, il regrette surtout la disparition des petits cafés et lieux de rencontre où les gens se connaissaient réellement. Selon lui, les relations sociales sont devenues plus éphémères. Il souligne néanmoins que le changement est inévitable et qu’il est important de ne pas rester prisonnier de la nostalgie mais de demeurer ouvert aux évolutions du monde.

  • 2215 - 03 - BNA-BBOT
  • Dans la dernière partie de l’entretien, la conversation s’oriente vers des réflexions plus générales sur la vie. Guy explique que le respect des autres est l’une des valeurs les plus importantes qu’il a retirées de son expérience bruxelloise. Selon lui, chacun porte sa propre histoire et ses propres raisons d’agir, ce qui invite à éviter les jugements trop rapides. Il réfléchit également aux changements de société, à l’éducation et au vivre-ensemble dans une ville diverse. Évoquant son engagement dans le mouvement d’émancipation homosexuelle, il se souvient des premières manifestations où les participants faisaient encore face à une hostilité ouverte. Même si d’importants progrès ont été accomplis, il estime que le respect mutuel demeure essentiel. Un thème récurrent est sa quête permanente de connaissance de soi. Il raconte les nombreuses formations, études et expériences créatives qu’il a suivies, allant de la comptabilité et du tourisme au théâtre et à la danse. Pour lui, ces parcours représentaient autant de moyens de mieux se comprendre. Bruxelles lui a constamment offert des occasions de grandir, de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir d’autres perspectives. Enfin, il critique le rythme effréné de la société contemporaine. Selon lui, beaucoup de personnes sont constamment occupées, distraites par la technologie et les attentes sociales, au point de ne plus prendre le temps de réfléchir à elles-mêmes et à leur environnement. Il plaide pour davantage de calme, d’attention et d’émerveillement dans la vie quotidienne. L’église Saint-Nicolas symbolise précisément cela à ses yeux : un lieu où, au cœur de la ville, il est possible de ralentir, de réfléchir et de renouer avec soi-même.

#2118
2214 - Bronnen Vol Leven (BOP & KUL)

Dans le cadre du projet Sources Pleines de Vie (Bronnen Vol Leven), une collaboration entre BBOT, le Brussels Ouderenplatform et le cours de Service Learning de la KU Leuven, des étudiants ont ... (voir plus)
Dans le cadre du projet Sources Pleines de Vie (Bronnen Vol Leven), une collaboration entre BBOT, le Brussels Ouderenplatform et le cours de Service Learning de la KU Leuven, des étudiants ont réalisé des entretiens avec des personnes âgées afin de recueillir leur vécu et leur perception de Bruxelles. Dans cet entretien, Annemie Matheus revient sur ses années d’études à l’Institut Marie Haps dans les années 1970. Elle explique comment son arrivée à Bruxelles a constitué un véritable tournant dans sa vie : la ville lui a offert liberté, amitiés, découvertes culturelles et opportunités professionnelles. Son témoignage dessine également le portrait d’un Bruxelles en pleine transformation, du Luxembourg d’avant le quartier européen à la ville actuelle. Les thèmes du multilinguisme, de la vie étudiante, des changements sociaux, de l’ouverture culturelle et de l’émancipation personnelle traversent l’ensemble du récit.
  • 2214 - 01 - BNA-BBOT
  • Annemie raconte son arrivée à Bruxelles depuis Glabbeek et Tirlemont afin d’étudier la traduction et l’interprétation à Marie Haps. Son choix de l’espagnol fut influencé par son père, qui considérait cette langue comme plus utile à l’international que l’italien. Les trajets quotidiens en train jusqu’à la petite gare du Luxembourg faisaient alors partie intégrante de sa vie étudiante. Bruxelles la séduit immédiatement : alors que Tirlemont lui semblait être une ville calme et provinciale, Bruxelles représentait pour elle un monde dynamique et plein de possibilités. Sa première impression est toutefois marquée par la pollution et les façades noircies de l’époque. Cette impression disparaît rapidement lorsqu’elle se fait des amis et s’intègre à la vie bruxelloise. Lorsqu’elle obtient finalement l’autorisation de vivre en kot, elle a le sentiment que « le monde s’ouvre à elle ». Elle s’investit fortement dans la vie étudiante autour de la place du Luxembourg et passe de nombreuses soirées dans le bar étudiant de Marie Haps, où elle participe activement à son fonctionnement. Elle évoque la culture étudiante de l’époque, les contacts entre étudiants francophones et néerlandophones ainsi que ses premières histoires d’amour. Grâce à un étudiant francophone, elle améliore considérablement son français. Avec le recul, elle porte également un regard critique sur certaines mentalités de l’époque, notamment les discriminations envers les étudiants étrangers et marocains, qu’elle considère aujourd’hui comme problématiques. Elle décrit avec beaucoup de détails la place du Luxembourg des années 1970 : des cafés simples, des rencontres spontanées, des soirées football et un fort sentiment de communauté. Comparant cette époque à aujourd’hui, elle estime que le quartier est devenu plus commercial, plus branché et davantage dominé par les institutions européennes. Si elle apprécie les améliorations urbaines telles que les façades rénovées et les zones piétonnes, elle regrette la disparition d’une partie du charme d’autrefois et constate l’augmentation de problèmes sociaux visibles comme le sans-abrisme et la mendicité.

  • 2214 - 02 - BNA-BBOT
  • Dans cette partie, Annemie revient sur l’importance financière et personnelle de ses années d’études. Elle explique comment ses parents ont soutenu ses études malgré des moyens limités. Elle travaillait parallèlement pour un service médical de garde néerlandophone et bénéficiait de bourses ainsi que d’un mode de vie modeste qui lui permettait de rester à Bruxelles. Avec le recul, elle considère sa formation comme déterminante pour le reste de sa vie. Malgré les difficultés à trouver un emploi dans le contexte de la crise économique du début des années 1980, elle parvient finalement à exercer le métier dont elle rêvait : traductrice. Elle travaille notamment à la Poste, dans le domaine de la sécurité sociale puis au sein d’une mutualité. Bruxelles lui a offert des perspectives professionnelles mais aussi une plus grande ouverture au monde. Le multilinguisme constitue un thème central de cette partie. Annemie parle avec passion de son amour des langues, de son métier de traductrice et de sa conviction que les langues favorisent les liens entre les personnes. Elle évoque également son intérêt pour la traduction littéraire ainsi que ses réserves vis-à-vis des technologies de traduction automatique. Même si elle reconnaît les progrès rapides de l’intelligence artificielle, elle estime que la nuance, l’interprétation et la sensibilité humaines restent indispensables. Elle souligne également le manque relatif d’activités culturelles proposées aux étudiants à son époque. Contrairement à aujourd’hui, les visites de musées, de théâtres ou d’institutions culturelles étaient rares. Elle considère aussi comme regrettable le peu d’échanges entre étudiants francophones et néerlandophones malgré la structure bilingue de Marie Haps. Selon elle, il s’agissait d’une occasion manquée dans une ville marquée par la diversité linguistique et culturelle. Enfin, elle partage ses réflexions sur l’avenir de Marie Haps et de la place du Luxembourg, notamment face à l’évolution des technologies et à l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur les métiers de la traduction et de l’interprétation.

  • 2214 - 03 - BNA-BBOT
  • À partir de ce moment de l’entretien, Annemie se concentre davantage sur ses souvenirs personnels. Elle évoque notamment son premier amour, dont elle garde encore aujourd’hui des souvenirs très précis, associés à des odeurs, des lieux et des émotions. La place du Luxembourg reste pour elle étroitement liée aux amitiés, aux histoires sentimentales et aux expériences marquantes du passage à l’âge adulte. Elle raconte avec humour et nostalgie plusieurs anecdotes sur ses camarades d’études, les relations amoureuses et la vie dans les cafés du quartier. Ces récits illustrent l’intensité des liens qui unissaient la communauté étudiante autour de Marie Haps. Elle revient également sur un épisode plus difficile de son parcours académique. Malgré d’excellents résultats, elle se voit refuser le diplôme d’interprète parce que sa prononciation ne correspondait pas suffisamment aux normes linguistiques attendues par les institutions européennes. Elle vit cette décision comme une profonde injustice, d’autant plus que ses traductions étaient très bien évaluées. Bien qu’elle obtienne finalement son diplôme de traductrice, cette expérience renforce son regard critique sur certains mécanismes institutionnels d’évaluation. Elle élargit cette réflexion aux examens, diplômes et procédures de recrutement qui, selon elle, accordent parfois trop d’importance à des critères formels plutôt qu’aux compétences réelles. Malgré cet obstacle, elle construit une carrière réussie, confirmant sa conviction que le talent ne se mesure pas toujours à travers des cadres administratifs.

  • 2214 - 04 - BNA-BBOT
  • Dans la dernière partie de l’entretien, Annemie décrit en détail le cadre matériel du bar étudiant de Marie Haps. Elle se souvient d’un vieux bâtiment rempli de mobilier récupéré, d’un comptoir en bois, de moyens limités et d’une organisation très informelle. Malgré ces conditions modestes, le lieu constituait un véritable centre de vie sociale où se construisaient amitiés et souvenirs. Elle évoque sans détour les aspects parfois chaotiques de cette époque : infrastructures vieillissantes, présence de cafards, offre limitée de nourriture et de boissons et gestion largement assurée par les étudiants eux-mêmes. Pour elle, cette atmosphère improvisée faisait partie intégrante du charme de la vie étudiante. Elle aborde également les baptêmes étudiants. Elle distingue les baptêmes flamands, relativement bon enfant et destinés à favoriser les contacts sociaux, des baptêmes francophones qu’elle juge beaucoup plus durs, marqués par une consommation excessive d’alcool et certaines humiliations. Même si elle reconnaît que ces traditions pouvaient renforcer le sentiment d’appartenance, elle estime que certaines pratiques allaient trop loin. L’entretien se termine sur une note mêlant nostalgie et réflexion. Annemie garde un souvenir très chaleureux de ses années étudiantes, qui ont profondément influencé son développement personnel, sa carrière professionnelle et son attachement à Bruxelles. Elle constate toutefois combien la ville et le monde de l’enseignement ont évolué depuis cette époque.

#2117
2213 - Bronnen Vol Leven (BOP & KUL)

Dans le cadre du projet Sources Pleines de Vie (Bronnen Vol Leven), une collaboration entre BBOT, le Brussels Ouderenplatform et le cours de Service Learning de la KU Leuven, des étudiants ont ... (voir plus)
Dans le cadre du projet Sources Pleines de Vie (Bronnen Vol Leven), une collaboration entre BBOT, le Brussels Ouderenplatform et le cours de Service Learning de la KU Leuven, des étudiants ont réalisé des entretiens avec des personnes âgées afin de recueillir leur vécu et leur perception de Bruxelles. Dans cet entretien, Magda Guillemyn explique comment Bruxelles occupe une place importante dans sa vie depuis ses années d’études. Elle décrit la ville comme une source permanente d’inspiration, d’émerveillement et de découvertes grâce à son architecture, son art, ses espaces verts cachés et sa richesse culturelle. Elle porte également un regard critique sur les évolutions de la ville, notamment en matière de mobilité, d’inégalités sociales et de défis liés à l’intégration. Pour elle, Bruxelles reste avant tout une ville multiple et riche en possibilités pour celles et ceux qui prennent le temps de la découvrir avec ouverture d’esprit.
  • 2213 - 01 - BNA-BBOT
  • Magda se présente comme une personne aux intérêts artistiques très variés. Après des études d’architecture à Bruxelles, elle a travaillé de nombreuses années dans le secteur public tout en développant une passion pour la mode, les arts textiles, la dentelle et la céramique. Bruxelles joue un rôle central dans son parcours créatif en tant que source constante d’inspiration. Elle fréquente régulièrement des expositions, des ateliers et différents quartiers de la ville, souvent à vélo ou en transports en commun. Ce ne sont pas seulement les œuvres d’art qui l’inspirent, mais aussi les bâtiments, les façades, les couleurs, les matériaux et les détails inattendus du paysage urbain. Lorsqu’elle décrit Bruxelles, elle insiste sur sa diversité. Elle aime parcourir les quartiers à pied, de Dansaert à Woluwe-Saint-Pierre, et y découvrir sans cesse de nouvelles boutiques, galeries, espaces verts et trésors architecturaux. Pour elle, le charme de Bruxelles ne réside pas uniquement dans des lieux emblématiques comme la Grand-Place, mais surtout dans les ruelles et les endroits cachés que beaucoup de visiteurs ignorent. Son attachement à Bruxelles est né durant ses études à Saint-Luc. Bien qu’elle se soit sentie un peu dépaysée au départ, elle a rapidement découvert les nombreuses facettes surprenantes et séduisantes de la ville. Les travaux d’architecture et les sorties avec ses camarades lui ont permis d’explorer des cours intérieures, des parcs et des quartiers remarquables, faisant de Bruxelles un espace de découverte permanente. Au fil des années, elle a observé de nombreuses transformations. Elle a vu le quartier européen s’agrandir, certains bâtiments historiques disparaître et de nouveaux complexes de bureaux apparaître. Certains quartiers se sont revitalisés tandis que d’autres ont connu un déclin. Elle souligne également l’augmentation du trafic. Malgré cela, elle continue de percevoir Bruxelles comme une ville dynamique et en constante évolution. Parmi ses souvenirs les plus marquants figurent ses années étudiantes et sa longue carrière professionnelle à Bruxelles. Durant ses pauses de midi, elle participait régulièrement à des concerts, visites architecturales et expositions, ce qui lui a permis de découvrir la ville en profondeur. Son principal conseil est simple : sortir, rester curieux et explorer la ville. Elle évoque également les nombreux événements culturels qu’elle fréquente, notamment les expositions d’art et de céramique, les jardins ouverts au public et les activités liées à l’architecture.

  • 2213 - 02 - BNA-BBOT
  • Dans la seconde partie de l’entretien, Magda aborde l’ambiance de Bruxelles, les rencontres humaines et sa vision de l’avenir de la ville. Elle estime que Bruxelles est particulièrement belle lors des journées ensoleillées du printemps et de l’été, lorsque son architecture, ses parcs et ses espaces publics sont mis en valeur. Elle apprécie tout particulièrement les espaces verts comme le parc Josaphat, les étangs d’Ixelles et les petits parcs de quartier. Selon elle, Bruxelles offre de nombreuses occasions de rencontrer de nouvelles personnes, à condition d’adopter une attitude ouverte et proactive. Elle engage volontiers la conversation avec des galeristes, artistes, commerçants ou restaurateurs. D’après son expérience, les Bruxellois sont généralement réceptifs lorsque quelqu’un fait le premier pas. Lorsqu’elle évoque l’avenir de Bruxelles, elle insiste sur les questions d’intégration et de cohésion sociale. Elle apprécie les progrès réalisés en matière de mobilité douce et d’infrastructures cyclables, mais constate que certaines communautés vivent encore côte à côte sans véritable interaction. Elle s’inquiète de la ségrégation sociale, des distances culturelles et de la formation de quartiers relativement isolés les uns des autres. Selon elle, davantage de rencontres entre les différents groupes renforcerait la ville. Elle souligne également les fortes inégalités entre quartiers riches et quartiers défavorisés ainsi que la présence importante de la pauvreté dans une ville qui est pourtant la capitale de l’Europe. Elle considère cette situation comme un défi majeur. Si l’art et l’architecture peuvent inspirer, ils ne suffisent pas, selon elle, à rapprocher les personnes. Les liens se créent surtout lorsque les individus partagent des activités et apprennent à se connaître. Comme exemples positifs, elle cite des lieux où des personnes d’origines diverses se retrouvent autour de la culture, de la cuisine, de la créativité ou d’activités communautaires. Elle reconnaît toutefois que ces formes de participation restent plus accessibles aux personnes disposant déjà de temps, de ressources et d’opportunités. En conclusion, elle décrit Bruxelles comme un « grand village » rempli de lieux chaleureux et accueillants, offrant d’innombrables possibilités. Encore faut-il être disposé à les découvrir. C’est également le message qu’elle adresse aux jeunes générations : sortir, être curieux, dépasser les lieux les plus fréquentés et partir à la découverte de la richesse de Bruxelles.

#2116
2212 - 9m2

Cet enregistrement fait partie d’une série d’entretiens réalisés en 2024 et 2025 par BNA-BBOT et l'asbl 9m² avec des personnes directement concernées par le monde pénitentiaire : ... (voir plus)
Cet enregistrement fait partie d’une série d’entretiens réalisés en 2024 et 2025 par BNA-BBOT et l'asbl 9m² avec des personnes directement concernées par le monde pénitentiaire : détenus et anciens détenus, agents pénitentiaires, membres du personnel, travailleurs sociaux et bénévoles. À partir de leurs expériences personnelles, ils témoignent de la vie quotidienne en prison, des défis, des contradictions et de l’impact de la privation de liberté. Dans cet entretien, Justine Peninckx, active dans l’accompagnement des personnes détenues, revient sur ses premières expériences en prison, sur les rencontres qui l’ont marquée, sur la réalité de l’enfermement et sur les représentations sociales liées à la détention.
  • 2212 - 01 - BNA-BBOT
  • Cet entretien s’inscrit dans un projet de collecte de témoignages destiné à un futur musée de la prison. L’objectif est de rendre tangible la réalité de l’univers carcéral à travers des récits provenant de différents acteurs : personnes détenues, membres du personnel, travailleurs sociaux et autres intervenants. Justine retrace son parcours professionnel, entièrement consacré au monde pénitentiaire. Elle a d’abord travaillé dans l’accompagnement des personnes détenues dans les prisons bruxelloises de Saint-Gilles, Forest et Berkendael, où elle les aidait dans leurs démarches administratives, leurs contacts familiaux et la préparation de leur réinsertion. Elle a ensuite rejoint le service psychosocial de la prison de Mons avant d’intégrer l’équipe de direction. Elle décrit la prison de Mons comme un établissement ancien et fortement surpeuplé. Alors que sa capacité officielle est d’environ 300 places, le nombre de détenus est largement supérieur, obligeant certaines personnes à dormir sur des matelas au sol. Selon elle, cette situation a un impact important sur les conditions de vie et les relations entre détenus. Justine revient également sur sa première visite en prison pendant ses études de criminologie. Les contrôles de sécurité, les portes successives et la sensation d’enfermement l’ont profondément marquée. Même si elle s’est habituée par la suite à cet environnement, elle se souvient encore de la force de cette première impression. Une grande partie de l’entretien est consacrée à son expérience comme travailleuse sociale dans les prisons bruxelloises. Elle accompagnait les détenus dans des questions pratiques liées au logement, aux soins de santé, aux documents d’identité, aux liens familiaux et à la préparation de la sortie. Elle évoque notamment le cas d’un homme qui, après plusieurs décennies d’incarcération, a dû redécouvrir une société profondément transformée. Elle aborde aussi les difficultés du travail social en prison. Le manque de personnel, les lourdeurs administratives et les problèmes d’organisation rendaient souvent difficile la rencontre avec les détenus. Les retards, les rendez-vous annulés et le manque de confidentialité faisaient partie du quotidien. Enfin, Justine évoque plusieurs détenus qui l’ont particulièrement marquée. Elle raconte notamment l’histoire d’un jeune homme sans titre de séjour qui, faute de perspectives d’avenir, avait construit dans sa cellule un « cercueil » symbolique en carton. Pour elle, cette histoire illustre le poids de l’isolement, de l’exclusion sociale et du désespoir en détention. Elle souligne également l’importance d’accompagner les nouveaux arrivants, souvent confrontés à un univers carcéral dont ils ignorent les codes et les règles.

  • 2212 - 02 - BNA-BBOT
  • Justine, criminologue et ancienne travailleuse sociale dans les prisons de Saint-Gilles et de Forest, y évoque l’accompagnement des détenus en fin de peine, les limites professionnelles du travail social, sa vision de l’enfermement et ses fonctions actuelles au sein de la direction de la prison de Mons. Elle décrit la préparation de la sortie de prison et l’importance d’un accompagnement concret vers la réinsertion. Elle évoque notamment les anciens « kits de sortie », contenant des titres de transport, des produits d’hygiène et des informations utiles pour les personnes quittant la prison sans ressources. Elle souligne également l’importance de maintenir une distance professionnelle avec les détenus tout en construisant une relation de confiance. Elle explique comment elle gérait l’impact émotionnel de son travail grâce aux trajets, aux échanges avec ses collègues et à des espaces de supervision. Pour elle, l’enfermement se caractérise avant tout par une dépendance permanente : dépendance envers l’administration, les agents, les proches ou encore les décisions judiciaires. La prison implique aussi une perte de contact avec le monde extérieur, une perte d’autonomie et une impossibilité de décider librement de sa propre vie. Elle revient également sur son expérience de femme travaillant dans un univers majoritairement masculin, ainsi que sur les différences perçues entre les établissements pour hommes et pour femmes. Enfin, elle présente ses responsabilités actuelles à la prison de Mons : gestion disciplinaire, suivi des personnes internées, participation à la direction de l’établissement et développement d’activités socioculturelles. Son expérience passée dans l’aide aux détenus continue d’influencer sa manière d’exercer ses fonctions de direction.

  • 2212 - 03 - BNA-BBOT
  • L’interviewée décrit les différences entre ses expériences professionnelles dans les prisons de Forest, de Saint-Gilles et de Mons. Elle explique que l’accompagnement des prévenus, des condamnés et des internés nécessite des approches différentes selon leur statut juridique. Une partie importante de l’entretien porte sur la vétusté de la prison de Mons. À travers des exemples concrets — inondations, risques d’effondrement de plafonds, portes défectueuses, infestations de punaises de lit et problèmes sanitaires — elle met en évidence les conditions difficiles auxquelles sont confrontés tant les détenus que le personnel. Elle souligne toutefois que, malgré son état dégradé, cette prison favorise encore de nombreux contacts humains et échanges informels, un aspect qui tend selon elle à disparaître dans les établissements plus modernes. Elle livre également son analyse du système carcéral belge, qu’elle considère comme étant à un point de rupture en raison de la surpopulation chronique et du manque d’infrastructures adaptées. Elle plaide pour le recours à des alternatives à l’incarcération pour certains profils de détenus et pour davantage d’investissements dans l’accompagnement psychosocial, l’enseignement et la réinsertion. Enfin, elle réfléchit au rôle qu’un futur musée de la prison pourrait jouer. Selon elle, un tel musée devrait permettre de mieux comprendre la réalité de l’enfermement, déconstruire certains stéréotypes sur la prison et préserver la mémoire des conditions de détention souvent inhumaines qui ont marqué le passé.

#2115
2211 - Résidence KAOS x BNA-BBOT PSC Ixelles

Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Jonathan, ... (voir plus)
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Jonathan, résident du PSC, autour du rétablissement, de la musique, du silence, de la santé mentale et de la recherche d'une place dans le monde.
  • 2211 - 01 - BNA-BBOT
  • Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Jonathan, résident du PSC, autour du rétablissement, de la musique, du silence, de la santé mentale et de la recherche d'une place dans le monde. Jonathan raconte son parcours de rétablissement au sein du PSC après une période de soins psychiatriques et de vie en habitation protégée. Il décrit sa situation actuelle comme un processus de reconstruction progressive : apprendre à mieux se connaître, retrouver une place dans la société et envisager un avenir professionnel. Pour cette rencontre, il a écrit un court texte sur le silence. Il y présente le silence comme une expérience ambivalente, à la fois apaisante et parfois lourde à porter. Pour lui, le silence n'est jamais fixe : il dépend de son état mental, de son environnement et des événements vécus au cours de la journée. Il peut offrir un espace de réflexion, de prière ou d'introspection, mais il peut aussi devenir oppressant. La musique occupe une place essentielle dans son quotidien. Durant les périodes les plus difficiles, elle lui permettait de tenir à distance l'angoisse, les pensées envahissantes et le sentiment de désorganisation. Aujourd'hui encore, elle constitue un fil conducteur qui l'aide à rester en mouvement et à structurer ses journées. Jonathan réfléchit également à la possibilité d'un silence absolu. Selon lui, celui-ci n'existe pratiquement pas : même lorsque tout semble calme, il subsiste toujours des pensées, des souvenirs, des sensations corporelles ou des bruits de fond. Un silence total lui paraît même inquiétant, car il impliquerait d'être seul face à lui-même. Il décrit enfin le PSC comme un lieu sécurisant où il a trouvé du soutien, de la stabilité et des outils pour mieux comprendre son vécu. À travers les échanges, la thérapie, la lecture et l'écriture, il développe progressivement une meilleure connaissance de lui-même. Le silence apparaît alors comme une composante importante du rétablissement et de la reconstruction personnelle.

#2114
2210 - Résidence KAOS x BNA-BBOT PSC Ixelles

Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Elias, un ... (voir plus)
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Elias, un résident du PSC, autour de la musique, du calme intérieur, des relations sociales et de la place du silence dans sa vie quotidienne.
  • 2210 - 01 - BNA-BBOT
  • Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre de sa recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec Elias, un résident du PSC, autour de la musique, du calme intérieur, des relations sociales et de la place du silence dans sa vie quotidienne. Elias explique que la musique occupe une place centrale dans sa vie. Sa passion pour la musique l’a amené à apprendre la guitare à l’âge adulte, notamment sous l’influence du groupe Muse. La musique est à la fois une passion et une présence constante dans son quotidien. Il porte souvent un casque audio, non pas pour se couper des autres, mais simplement parce qu’il aime écouter de la musique. Lorsque la conversation s’oriente vers le silence, Elias décrit une relation nuancée à celui-ci. Les silences sociaux peuvent lui sembler inconfortables, notamment lors d’un rendez-vous ou d’une conversation où personne ne parle. À l’inverse, certains silences lui paraissent naturels et agréables, par exemple lors d’une promenade ou lorsqu’il partage un espace avec quelqu’un sans ressentir l’obligation de parler. Pour Elias, le silence est avant tout associé au repos. Lors des journées difficiles, il attend avec impatience le calme du soir, lorsque l’agitation de la journée retombe et qu’il peut retrouver un certain apaisement. Il compare parfois ses journées émotionnellement éprouvantes à un ballon qui se gonfle progressivement avant de se dégonfler lentement à la fin de la journée. Le silence devient alors un espace de soulagement et de récupération. La conversation aborde également sa santé mentale. Elias explique que son esprit est rarement silencieux : il entretient continuellement un dialogue intérieur et réfléchit souvent à la manière dont les autres le perçoivent ou le jugent. Au sein du PSC, il trouve toutefois une forme de « repos porteur d’espoir ». La présence d’un cadre de soin, d’une structure quotidienne et de personnes avec qui parler l’aide à apaiser le tumulte de ses pensées. Le silence apparaît ainsi non seulement comme une absence de bruit, mais aussi comme une expérience de sécurité, de lien et de rétablissement.

#2113
2209 - Résidense Kaos x BNA-BBOT PSC Ixelles

Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre d'une recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec un homme ... (voir plus)
Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre d'une recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec un homme autour de ses habitudes quotidiennes, des langues, de l’art, du son, du calme et de la place du silence dans sa vie.
  • 2209 - 01 - BNA-BBOT
  • Cette conversation a été enregistrée par Pauline Augustyn durant sa résidence au PSC d'Ixelles. Dans le cadre d'une recherche artistique sur le silence, Pauline échange avec un homme autour de ses habitudes quotidiennes, des langues, de l’art, du son, du calme et de la place du silence dans sa vie. La conversation débute de manière légère autour du petit-déjeuner, d’une montre et des langues, puis évolue progressivement vers une réflexion plus profonde sur le silence. L’interviewé se décrit comme une personne sociable et très bavarde, tout en ressentant un fort besoin de silence. Pour lui, le silence est synonyme de paix, de concentration et d’espace pour la réflexion. Il le trouve principalement dans l’art, la peinture, la lecture, la cuisine et les environnements naturels plutôt que dans la ville. La discussion explore également la manière dont le silence dépend du contexte : le silence pendant les vacances, lors des études ou du travail, dans une négociation ou encore comme moment collectif de recueillement. L’interviewé considère que le silence n’est pas simplement l’absence de bruit, mais une qualité particulière du son — par exemple les sons de la nature par opposition au bruit urbain. Il souligne également que l’accès au silence comporte une dimension sociale et économique : les personnes disposant de davantage de ressources peuvent plus facilement s’éloigner du bruit et accéder à des environnements calmes. Par ailleurs, Pauline et son interlocuteur discutent du titre de son projet, « Un ciel nuageux ne peut pas être entendu ». Ce titre est associé à la santé mentale, au brouillard intérieur, au silence et à la possibilité du changement. En fin d’entretien, Pauline partage sa motivation pour ce projet : envisager le silence comme un espace de possibilités et de nouveaux commencements, plutôt que comme une simple absence ou une fin.

#2112
2208 - Résidence Kaos x BNA-BBOT PSC Elsene

Dans le cadre de la résidence de Pauline Augustyn au PSC d’Ixelles, une participante a évoqué sa relation complexe au silence. Elle décrit le silence comme une source de liberté, de force et de... (voir plus)
Dans le cadre de la résidence de Pauline Augustyn au PSC d’Ixelles, une participante a évoqué sa relation complexe au silence. Elle décrit le silence comme une source de liberté, de force et de protection, en particulier lorsqu’elle est confrontée à la paranoïa et à des voix intérieures négatives. Elle aspire également à davantage de calme intérieur et cherche des moyens de composer avec ces voix. À l’opposé du silence, elle évoque la logorrhée qui accompagne certaines périodes maniaques et qu’elle vit comme particulièrement éprouvante. L’art et le langage jouent pour elle le rôle d’une bouée de sauvetage dans les moments difficiles. Elle revient également sur ses expériences d’isolement : ce n’est pas tant le silence qui est traumatisant que l’incertitude et le manque de communication qui l’entourent. Chanter l’aide à s’ancrer et à donner du sens à ces moments. Son mot préféré, « spleen », résume la mélancolie qui traverse l’ensemble de son récit.
  • 2208 - 01 - BNA-BBOT
  • Dans le cadre de la résidence de Pauline Augustyn au PSC d’Ixelles, celle-ci a rencontré une participante afin d’échanger sur la place du silence dans sa vie. Cette conversation révèle une relation complexe et nuancée au silence, qui peut être à la fois source de protection et de difficulté. La participante explique qu’elle essaie consciemment de faire davantage de place au silence dans sa vie, que ce soit lorsqu’elle est seule ou dans ses échanges avec les autres. Pour elle, le silence est synonyme de liberté, de confiance en soi et de force. Elle le décrit comme un refuge et une forme d’autoprotection, particulièrement lorsqu’elle est confrontée à des épisodes de paranoïa. En restant silencieuse, elle cherche à éviter de dire quelque chose de maladroit, de blesser les autres ou de se laisser emporter par des voix intérieures négatives. Parallèlement, elle évoque son désir de trouver davantage de silence dans son esprit. Elle apprend à composer avec ses voix intérieures en les reconnaissant, en les nommant et en leur répondant de manière consciente. Le silence devient ainsi non seulement une absence de bruit, mais aussi une pratique active de soin de soi et de connaissance de soi. Comme contrepoint au silence, elle évoque la logorrhée : un besoin irrépressible de parler qui survient lors de périodes euphoriques ou maniaques. Elle vit ces expériences comme particulièrement éprouvantes et épuisantes. L’art joue ici un rôle essentiel. Le fait de recueillir, tisser et réutiliser les mots et les poèmes d’autres personnes agit comme une bouée de sauvetage, lui permettant de reprendre prise sur le monde extérieur et de se relever de périodes dépressives. La conversation aborde également ses expériences d’isolement. Elle explique que le silence d’une chambre d’isolement n’est pas nécessairement insupportable en soi. Ce qui rend l’expérience traumatisante, c’est surtout l’incertitude quant à sa durée, le manque d’explications et l’absence de communication transparente. Dans ces moments-là, elle utilisait le chant, notamment des chansons de Nirvana, pour s’ancrer dans le présent et créer du sens — ou, selon ses propres mots, « faire de la magie ». À la fin de l’entretien, elle partage son mot préféré : « spleen », un terme qui désigne une mélancolie profonde et pesante. Pour elle, ce mot résume quelque chose de la complexité émotionnelle qui traverse l’ensemble de son récit.

#2111
2207 - Cité Querelle

Échanges entre une habitante des Marolles et Naïma, habitante de la Cité Querelle et co-organisatrice du Café l'Or, espace de rencontre et de discussion entre femmes. Cet enregistrement ... (voir plus)
Échanges entre une habitante des Marolles et Naïma, habitante de la Cité Querelle et co-organisatrice du Café l'Or, espace de rencontre et de discussion entre femmes. Cet enregistrement s'inscrit dans le cadre d'une collecte sonore au sein de la cité Querelle dans les Marolles. à l'horizon 2027 la matière sonore récoltée alimentera la Radio Querelle, une plateforme accessible en ligne et la diffusion se fera également à travers la surface d'une sculpture installée sur le point stratégique de la Plaine de la Querelle.

    #2110
    2206 - Cité Querelle

    Rencontre avec Badria Jebari, habitante de longue date des Marolles. Cet enregistrement s'inscrit dans le cadre d'une collecte sonore au sein de la cité Querelle dans les Marolles. à ... (voir plus)
    Rencontre avec Badria Jebari, habitante de longue date des Marolles. Cet enregistrement s'inscrit dans le cadre d'une collecte sonore au sein de la cité Querelle dans les Marolles. à l'horizon 2027 la matière sonore récoltée alimentera la Radio Querelle, une plateforme accessible en ligne et la diffusion se fera également à travers la surface d'une sculpture installée sur le point stratégique de la Plaine de la Querelle.
    • 2206 - 01 - BNA-BBOT
    • Badria habite le quartier des Marolles depuis 2000-2001 et apprécie particulièrement la tranquillité et la solidarité de sa rue et de son voisinage. Après avoir cessé son travail à l'âge de 52 ans pour de graves problèmes de santé, elle s'est sentie isolée, ses enfants ayant quitté le foyer. Sur les conseils de son médecin, elle s'est tournée vers des associations locales, notamment l'Entr'Aide des Marolles et la Maison de Quartier Querelle, où elle a retrouvé un lien social et un bien-être en participant à diverses activités et ateliers.

    • 2206 - 02 - BNA-BBOT
    • Le témoignage de Badria met en lumière le rôle essentiel de la maison de quartier en tant que lieu de vie, d'échange et d'égalité, contrastant avec les problèmes de préjugés et de discrimination qui affectent particulièrement les jeunes dans la société.

    • 2206 - 03 - BNA-BBOT
    • Badria partage ses expériences et observations concernant l'entraide communautaire et les initiatives solidaires dans le quartier des Marolles, mettant en lumière le partage culturel à travers la cuisine et l'assistance aux personnes dans le besoin.

    ajouté aux favoris !
    info track
    favoris
    S