Haren visité

Dans son essai “A la découverte du paysage vernaculaire”, John Brickerhoff Jackson définit trois types de paysages en Occident. Le paysage vernaculaire ou médiéval, fabriqué localement par les habitants, le paysage politique, fabriqué par le pouvoir sur des échelles beaucoup plus vastes et enfin le paysage “émergent”, sorte de nouveau vernaculaire qui fleurit le long des axes routiers. Ces trois paysages sont contemporains, s’imbriquent ou se juxtaposent, et forment ce que Sébastien Marot nomme l’hyperpaysage. Haren est une récente commune de la Ville de Bruxelles. Annexée en 1921 pour l’extension du canal de la Ville de Bruxelles, Haren se situe sur la rive droite de la Senne, au nord-est de la capitale. On mentionne pour la première fois son nom flamand (Haeren) dans un texte latin datant du XIe siècle. Comme beaucoup d’autres communes bruxelloises avant leur annexion, Haren était un village agricole, elle devint un des hauts lieux de production du chicon. Au XIXème siècle, elle subit des transformations importantes : développement du chemin de fer, industrialisation. Au XXème siècle, de grandes parties de son territoire sont converties: la gare de formation s’étend, le premier aéroport belge est construit, la STIB installe son dépot, l’OTAN s’implante. Néanmoins, le centre de Haren conserve son identité rurale. En 1995, l’architecte Rem Koolhaas met en évidence la convergence des villes contemporaines vers une certaine perte de l’identité. “L’identité émane de la substance corporelle, de l’histoire, du contexte, du réel”. Peu d’archives de cette commune nous sont parvenues. En collaboration avec l’artiste sonore Flavien Gillié, des interviews d'anciens habitants comme de récemment établis, ont été enregistrées. Avec l’aide de certains résidents et institutions de la Ville de Bruxelles, des images sont réapparues, délivrant synchroniquement une réalité du passé. Deux séries d’images photographiques ont été réalisées depuis 2010 afin de rendre compte de ce paysage vernaculaire.

Alexia GORYN.

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