Rez-de-Chaussée : performance - installatiE/ON + cd

Rez-de-chaussée de Dominique Petitgand 

Dominique Petitgand crée des installations sonores, se basant sur les mécanismes de la mémoire: répétition et jeu imprécis des identités et des structures liées au temps et à l’espace. Pour la première fois, il sort du registre intime de ses propres compositions et travaille des voix qui lui sont inconnues, celles des babbeleers de « Bruxelles nous appartient / Brussel behoort ons toe ». Entre les mots, il se laisse entraîner par les respirations, les silences, les espaces vides, les bruits involontaires et parasites. « Rez-de Chaussée », est une sorte de film urbain mental, un micro-univers entre rêve et réalité.

Interview: 

BNA-BBOT : Comment est né l’idée du projet “Rez-de-Chaussée”?

Dominique Petitgand : J’ai été invité par Paul Decleire de BNA-BBOT qui connaissait déjà mon travail. J’ai reçu un ensemble d’extraits de conversations de la collection sonore. Artiste français, je ne pouvais malheureusement aborder que la partie francophone de la collection puisque ma démarche est proche du sens des mots. Je ne pouvais pas travailler sans connaitre le sens des paroles. J’ai ainsi écouté ces extraits des témoignages enregistrés. Pour les sélectionner, je me suis fixé un critère très simple : est-ce que je m’ennuie ou pas en écoutant quelqu’un parler. En fonction de ce plaisir d’écoute, j’ai fait un choix d’une quarantaine d’enregistrements que j’ai alors reçu en version intégrale. A partir de cette matière, j’ai réalisé une série de pièces très courtes (entre 10 secondes et 3 minutes). Chacune était basée sur un seul enregistrement. La voix et les mots sont devenus le contenu des pièces ainsi que tous les petits bruits parasites comme le soufle de la bande, les bruits de micro, le décor que l’on pouvait entendre entre les phrases. Bref, tout ce qui n’est pas “sens” mais “son” m’a servi pour construire l’armature musicale et sonore de chaque pièce.

BNA-BBOT : C’est la seule fois que vous avez utilisé un matériau sonore que vous n’aviez pas enregistré vous-même. Une sorte de parenthèse dans votre carrière?

Dominique Petitgand : Je ne travaille jamais à la commande. Pour une fois, je me suis accordé une sorte de pause, de récréation. C’était en 2000, à un moment très particulier. Au début, c’était une gageure pour moi. Je pensais vraiment que l’intérêt de ce que je fais tiens au fait que je fais des enregistrements moi-même. La façon dont je les conduis, la façon dont j’enregistre mes personnages, qui j’enregistre et comment je le fais : tout cela est extrèmement déterminante Et ici, je me suis dit : si j’enlève une des deux béquilles sur lesquelles je m’appuie d’habitude, est-ce que je peux malgré tout raconter quelque chose de personnel? C’était un défi en quelque sorte. Avec le montage comme seul outil, je suis allé encore plus dans une forme très personnelle de montages, de coupures et de choix. Ce qui m’a permis de faire des pièces assez particulière.

BNA-BBOT : A l’origine, le projet était uniquement liée au centre “Bruxelles 2000”. L’édition du disque “Rez-de-Chaussée” est venue par après?

Dominique Petitgand : Oui, l’idée initiale était la présentation d’un concert au centre “Bruxelles 2000” suivi par une installation sonore dans le lieu durant plusieurs semaines. Par la suite, j’ai eu envie d’en faire un disque. Quelques mois plus tard, à la sortie du disque, nous avons présenté ce travail aux Halles de Schaerbeek (la présentation aux Halles de Schaerbeek a eu lieu le samedi 28 avril 2001 à 18h00).

Piste 21 - Guerre

Brussel behoort ons toe